Panetière : le meuble emblématique de la Provence

 Contrairement au pétrin, que l’on retrouve dans toutes les régions, la panetière est une pièce de mobilier typiquement provençale. Elle est propre à la Provence, au Gard et aux basses Cévennes. 

À l’origine simple cage à barreaux, elle servait à mettre le pain à l’abri des bêtes. Au XVIIIᵉ siècle, elle devient l’enfant chéri des fustiers arlésiens, qui en font un meuble d’une grande finesse.

 


Née au début du XVIIᵉ siècle dans la région d’Arles, dont les plaines sont réputées pour leur culture de blé, la panetière - paniero en provençal - servait de garde-manger pour le pain que l’on préparait chaque semaine, afin d’avoir une réserve pour plusieurs jours.

Panetière "Fourques" du 18ème siècle


Peu à peu, les barreaux droits se transforment en fuseaux élégamment tournés, enrichis d’olives, de balustres et d’étranglements. Les petits pieds galbés encadrent une traverse inférieure chantournée, souvent sculptée dans le style arlésien, avec des motifs en colimaçon caractéristiques des modèles de Fourques. Ces pieds, bien que décoratifs, apportent un équilibre visuel à la panetière, généralement accrochée au mur, dans un endroit aéré. Toutefois, dans les temps anciens, elle pouvait aussi être posée sur le pétrin.




L
e fronton, galbé en harmonie avec la traverse inférieure, couronne le meuble d’un aspect presque aérien. À mesure que le temps passe, la sobriété initiale laisse place à une richesse ornementale parfois excessive : bobèches (ornements tournés sur la corniche), sculptures, et décorations foisonnantes s’accumulent. Ce raffinement affichait alors le statut et l’aisance d’un foyer bien tenu.


Dans les régions huguenotes, les panetières du Gard ou des Cévennes conservent une austérité marquée : simple cage quadrangulaire aux fuseaux néanmoins soignés, mais avec un fronton et une ceinture inférieure rectilignes, sans bobèches ni sculptures.

Panetière classique du 18ème siècle avec une petite porte en tabernacle

Les panetières classiques d’Arles se distinguent par leur petite porte en tabernacle, ornée d’une large ferrure et de motifs finement sculptés. Contrairement au pétrin, et bien qu’elle lui soit souvent associée, la panetière est avant tout un meuble décoratif. Dès le XVIIIᵉ siècle, elle suit l’évolution des styles parisiens, du néo-classicisme au style troubadour, en passant par le "Retour d’Égypte".

 

Conseils pour les chineurs

Les ébénistes provençaux ont longtemps reproduit les styles du XVIIIᵉ siècle, si bien que toutes les panetières ne datent pas nécessairement de cette époque. On reconnaît les plus anciennes à l’épaisseur de leur bois, et à leur finition rudimentaire dans les parties non visibles.

Les modèles les plus recherchés sont ceux de Fourques, considérés comme les premiers styles d’Arles. Leurs sculptures, creusées à la gouge, présentent des motifs géométriques en spirales ou en volutes. En provençal, ces ornements sont appelés li coutar, ou les escargots.

Panetière du 19ème siècle qu'on peut trouver à 250 €

Réplique à 100 € vendu sur un vide-greniers









Pour les exemplaires d’exception datant du XVIIIe siècle, les prix s’élèvent généralement entre 2 500 et 3 000 €. On les retrouve principalement dans les ventes aux enchères, notamment à Avignon, et à des tarifs légèrement supérieurs chez les antiquaires. En revanche, les panetières du XIXe siècle sont bien plus abordables : on peut en dénicher chez un brocanteur ou lors de vide-greniers pour environ 200 à 250 €. Il est également possible de trouver de bellePs reproductions datant de la seconde moitié du XXe siècle, proposées entre 50 et 100 €.


  
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#Provencestyle #Provence #Panetière     

                                                                                            

Renault 16 : Soixante bougies pour la première "familiale à vivre"

En 1965, la Renault 16 se présente comme la première berline dotée d'un hayon de sa catégorie, un hayon qui a marqué l'histoire automobile jusqu'à nos jours. Offrant une polyvalence d’utilisation inédite pour l’époque, elle décroche le titre de "Voiture de l’Année" en 1966. La Renault 16 était dès sa présentation un grand succès commercial, et aussi un véhicule sportif avec ses moteurs les plus puissants. Le coup de génie du constructeur au losange a été l’adaptation aux familiales du principe qui fit le succès de la Quatrelle qui avait déjà prouvé - au moins dans le segment des petites voitures - que les voitures pratiques étaient très demandées. Ceci a été une véritable révolution qui plaisait pas seulement aux bons pères de famille de la classe moyenne. Aussi le "milieu" roulait en Renault 16, et ça pas seulement dans des films avec Bebel comme "Peur sur la ville". Selon l'hebdomadaire "Der Spiegel", la terroriste de la bande à Baader, Ulrike Meinhof au volant d'une Renault 16 TS, a - malgré des papiers falsifiés - facilement échappé à la police lors d'un contrôle de routine en décembre 1970 en Allemagne.




Il y a 60 ans, en 1964 la première Renault 16 sortait de la chaîne de montage à Sandouville près du Havre, spécialement bâtie pour elle. Elle a été commercialisée seulement à partir de l'année 1965.

Fabrication des premières Renault 16

Plus tard elle sort aussi des usines d'assemblage du monde entier, situées dans 14 pays, dont Trinidad, Venezuela, Madagascar, Maroc, Canada et Australie. La Renault 16 a été produite à 1 851 502 exemplaires jusqu’à la fin de sa commercialisation au début des années 80, preuve d’un succès indéniable. Pour l’histoire, c’est une 16 TX qui sera la dernière Renault 16 à sortir de la chaîne à Sandouville.


Fabrication de l'emblématique Renault 16 TX à l'usine de Sandouville. Entre 1964 et 1979, 1.4o8.ooo R16 seront produites. Les Renault 15, 17, 12, 30, 20, 18, 25 et 21 lui succéderont. Et en 1992, c’est la Safrane qui fera son entrée, puis la Laguna et l’Espace IV, ces deux dernières étaient encore en production jusqu’à fin 2013. En 2014, Renault Sandouville se tourne vers le véhicule utilitaire Trafic pour redonner du souffle à l’usine. L’entreprise est aujourd’hui une des plus importantes du bassin havrais avec presque 2000 salariés.


Le pilote de course britannique Stirling Moss a applaudi: "La Renault 16 est sans aucun doute l'automobile la plus intelligemment conçue que j'ai jamais rencontrée, et tout constructeur automobile britannique ferait bien d'en acheter une juste pour voir comment elle a été construite."

La R16 surprendra par son espace habitable qui permet pas moins de sept configurations. Le coffre propose quatre configurations de rangement, pour un volume allant de 346 dm³ à 1.200 dm³, grâce à la banquette arrière coulissante vers l'avant jusqu'à 15 centimètres, rabattable et amovible. Le dossier du siège arrière pourrait également être attaché sous la garniture du pavillon.



La légendaire modularité de la Renault 16, la première voiture à vivre.





L
e siège du passager avant offrait deux combinaisons inclinables et permettait de reculer son dos sur la banquette arrière afin qu'un enfant endormi ne tombe pas dans le plancher lors d'un freinage brusque. Les sièges avant peuvent - en quelques manipulations simples - également s’abaisser pour créer deux couchages intégraux. La version GL offrait un accoudoir central avec un compartiment de rangement pratique et hyper-confortable.

L'intérieur de la Renault 16


Techniquement, la R16 n’était pas en reste avec son châssis à traction, encore rare sur ce segment à l’époque. Le châssis est d'ailleurs asymétrique, c'est à dire la distance entre le passage de roues arrières et les portes gauche et droite est différente, dû à l’utilisation de barres de torsion dans la longueur ou longitudinale à l’avant et pour l’arrière transversale.


De nouveaux équipements innovants ont été disponible de série ou en option, comme la lunette arrière dégivrante, les phares additionnels à iode, la fermeture centralisée, les essuie-glaces deux vitesses avec lave-glace, le rétroviseur intérieur jour/nuit, feux de recul, les vitres avant électriques, le toit ouvrant électrique et la sellerie cuir.
La seule chose inhabituelle était le placement de l'autoradio sur la console centrale, et l'essuie-glace compliqué à manipuler car loin en avant sur le tableau de bord.




Pour l'année 1971 la R16 connaît son lifting de mi carrière, reconnaissable par des feux arrières qui seront redessinés: ils perdent leurs formes arrondies pour devenir rectangulaires et sont positionnés plus bas. Les chromes sur les ailes arrières ont également disparu.
Le surnom du moteur de la Renault 16, "Cléon-Alu" vient du fait qu’il était fabriqué à Cléon, en Seine-Maritime, à proximité de Sandouville. C'est pour le distinguer du moteur roturier "Cléon-Fonte" du reste de la gamme Renault. Ce premier moteur fabriqué par Renault avec un bloc et une culasse en aluminium dispose d’un arbre à cames latérales avec culbuteurs et tiges de culbuteurs, le tout commandé par une chaîne de distribution.

Les premières R16 étaient plutôt faiblement motorisé avec ses 55 ch (145 km/h), la version de base annonçait maintenant 67 ch, une puissance acceptable pour un poids varient entre 1010 kg et 1065 kg.

Le moteur de la Renault 16 TX

Le modèle haut de gamme, la R16 TX, apparaît en 1973, avec un nouveau moteur de 1647cm3 avec 93 ch (170 km/h), elle sera équipée d’une boîte cinq vitesses, des lèves vitres électriques à l’avant, la fermeture centralisée des portes. Question style, la Renault 16 gagne un becquet de toit chromé, quatre phares avant carrés et des jantes Gordini.

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#Renault  #Renault16   #R16  

Topazette : la voiture d'un scientifique romantique

Un aspect méconnu de l’auteur et cinéaste à succès : Marcel Pagnol a été aussi inventeur. Et oui, il est par exemple à l’origine du boulon indéboulonnable et de la Topazette, l’improbable petite voiture qui finit dans le fossé dès le premier essai.

 


Marcel Pagnol est mort il y a cinquante ans, le 18 avril 1974. De lui, on garde le souvenir d’une Provence emblématique, et il reste une des figures les plus attachantes de notre patrimoine culturel. Ses personnages ont marqué des générations, ont traversé les époques et ils sont entrés pour toujours dans nos cœurs, Marius, Fanny, César, Manon des sources… et Topaze.

Marcel Pagnol, le père de famille dans sa propriété à La Gaude

Si on cherche à comprendre le Pagnol intime, on découvre tôt ou tard sa passion secrète pour les sciences et la technologie. Pagnol se voit comme un scientifique romantique. Toute sa vie, il a cherché à démontrer le mouvement perpétuel. Mais cette curiosité de savoir, de s’intéresser aux découvertes scientifiques, n’était rien d’autre que la curiosité d’un poète. Un des mots qui ont profondément touché Marcel Pagnol, était le mot « antimatière ». On avait découvert ces particules dans les années 1960, mais ce mot « antimatière » représentait pour lui quelque chose un peu satanique, comme l’antéchrist.



Marcel Pagnol au volant de sa Packard


C’est une évidence, Marcel Pagnol n’était pas un scientifique. C’est finalement le projet de construire une petite voiture populaire qui met en lumière l’homme engagé et l’homme passionné qu’était Marcel Pagnol. Bricoleur, il passait beaucoup de temps dans son atelier de mécanique, avec ses cahiers de notes et ses outils. Avec patience il aimait démonter et remonter. Il inventa d'ailleurs le boulon indéboulonnable et déposa un brevet en 1923.


Le boulon indéboulonnable de 1923, et l'unique photo de la Topazette

Ainsi, au milieu des années 1930, Marcel Pagnol construisait la Topazette, une voiture à trois places, trois roues, trois litres aux cent kilomètres. Avec un prix de seulement trois mille francs, il espérait de permettre à chaque famille française de rouler motorisé. L’idée de créer une usine dans les alentours de Marseille trottinait déjà dans sa tête. Mais, hélàs, la petite voiture a eu une carrière de courte durée. A peine sortie des ateliers des studios cinématographiques de Marcel Pagnol, la Topazette termina sa course par trois tonneaux lors du premier essai dans le parc Borély en haut du Prado à Marseille.


La réplique de la Topazette de 2017

En 2017 des élèves en métallerie du lycée professionnel Gustave-Eiffel d’Aubagne ont finalement reconstruit une réplique de la Topazette. Ils se sont inspirés de l'unique photographie existante du premier prototype afin de créer leur propre modèle. La voiture a finalement bel et bien roulé. Elle se trouve aujourd’hui dans l’atelier du lycée.


copyright : Johannes Samuel, 10/2024

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Clôturer sa propriété : Le style sobre de la Provence

Délimitant la propriété, les clôtures permettent de se sentir vraiment chez soi, et assurent la transition avec l’extérieur : Propriétés voisines, voies privées ou publiques. Le style provençal a depuis toujours résisté farouchement au gigantisme, ainsi qu’au gothique et qu’au mauresque. En Provence, les clôtures gagnent à être discrètes et aussi peu apparentes que possible. Si elles s’avèrent nécessaires, elles seront en tout cas basses, sans fantaisie décorative, en stricte harmonie avec la maison. C’est un défi de savoir allier la pureté des lignes d’une clôture provençal aux matériaux locaux et à la lumière.


La noblesse d’une maison provençale est sa simplicité, ainsi les façades classiques sont sans fantaisie et très sobre. Avec la même rigueur sont traités les rares détails extérieurs. Une véritable clôture provençale doit plus au mistral qu’aux grandes invasions, elle s’inscrit dans son paysage, elle y participe et elle le fait. Antan les barbelés qui clôturent, défendent, interdisent l’accès, ont été rares, la Provence a été naturellement hospitaliers et souriants. Malgré tout, il faut savoir vivre avec son temps : la population augmente et se concentre dans les villes. Ainsi quelquefois, la clôture devient nécessaire pour se préserver des regards indiscrets, des visites inopportunes, des bruits de la rue, pour cacher un paysage sans intérêt ou un voisinage désagréable…

 Henri Matisse, Paysage d'Antibes vu de l'interieur d'une voiture :
des murets en bord de la route sur le Cap d'Antibes

On choisit en fonction de ce qu’on attend de la clôture les matériaux qui la composeront, sa forme et ses dimensions. Des murettes en pierre ont souvent la simple fonction de délimiter les propriétés ou les parcelles. Pour réaliser un décor entourant la propriété, un mur de soubassement de 60 à 80 cm de hauteur surmonté d’éléments ajourés comme des claustra ou des grilles ainsi que de plantations des haies peuvent être du plus bel effet. En ce qui concerne le grillage souple et le grillage rigide, on peut facilement les associer un brise-vue ou une haie végétale qui laisse passer la lumière. Mais pour vraiment s’isoler, on devrait élever des clôtures opaques ou des murs de 1,50 à 2,50 m de haut.

Le mur de la peste à Cabrières

Il existe de nombreuses possibilités pour clôturer un jardin ou un terrain. Le mur en pierre qui est très résistante et la clôture végétale offrant une multitude de possibilités selon les variétés de plantes choisies s’adaptent à toutes les constructions et conviennent spécialement aux anciens mas provençaux. La clôture en bois et en fer forge préservent le style, mais à un moindre degré.

Vu d'Antibes de Louis Français, 1894 :
 très peu des murettes pour délimiter les parcelles

En Provence on évite par conséquent les clôtures avec des éléments de béton moulé, les barrières de bois d’allure paddock, les murs enduits lissés ainsi que des matériaux modernes comme l’aluminium, le PVC ou le composite.

Portail ancien chez un brocanteur

         

Le portail qui mène à une maison provençale est normalement en fer et assez haut. Il doit être sélectionné avec soin, le style méditerranéen lui va parfaitement. On doit à tout prix éviter de le dénaturer avec des accessoires trop modernes ou bruts. On évite les fers ronds et les fers carrés de section trop faible, et spécialement les faux moucharabiés, les ferronneries trop arabesques et les ornements inutiles. Et lorsque le fer est trop cher, on se contente d’un honnête portail en bois constituée le plus simplement possible de barreaux verticaux de section carré, placés dans un cadre, sans aucune prétention. Les portails en bois est souvent peint en vert.

Portail faintaisiste au Cap d'Antibes et un portail sobre à Moustiers-les-Saintes-Maries

Pour poser une clôture, on doit évidemment respecter les règles d'urbanisme et les règles d'implantation par rapport aux limites de terrain voisin et au domaine public. En principe, les clôtures sont dispensées de formalité. Cependant, quels que soient les matériaux utilisés, l'installation d'une clôture peut être concernée par le dépôt d'une déclaration préalable de travaux (DP) dans certains secteurs PLU, et dans des commune ou partie de communes où le conseil municipal a décidé de soumettre les murs à déclaration, ainsi que dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable et des abords des monuments historiques.

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Restauration de véhicules anciens : Réussir la première sortie

Après des mois, parfois des années, passés à restaurer minutieusement un véhicule ancien, le moment tant attendu arrive enfin : la première sortie. C’est l’aboutissement d’un travail souvent passionné, parfois fastidieux, et c’est aussi un moment critique où le moindre détail négligé peut gâcher l’expérience. Mais attention, ce n’est pas une simple promenade – c’est le vrai test de tout votre travail. Voici quelques conseils pratiques pour que cette première prise de route se déroule sans encombre.


 La règle d’or : Ne précipitez rien

Il est naturel de vouloir rapidement profiter du fruit de son travail. Pourtant, allez-y doucement. La précipitation est rarement bonne conseillère. Mieux vaut commencer par de courts trajets dans les environs, sur des routes familières autour de chez vous. Cela permet d’observer le comportement du véhicule dans des conditions maîtrisées et de tester la mécanique à faible contrainte.



Pendant ces premières minutes trois éléments doivent être surveillés en priorité : la pression d’huile, la température du liquide de refroidissement, et tous les bruits inhabituels qui pourraient révéler un problème mécanique.

 

Retour d’essai : faites le tour du propriétaire

Une fois revenu au garage, place aux vérifications. Après ces premiers essais, il est essentiel de procéder à une inspection minutieuse. Voici ce que je recommande systématiquement : Il faut notamment contrôler la fixation des roues en les secouant, vérifier la tension de la courroie trapézoïdale et examiner le jeu au niveau de l’hélice du ventilateur montée sur la pompe à eau.


S’assurer du bon maintien des fixations de l’échappement et resserrer les vis, notamment celles de la culasse, du collecteur d’échappement, du carburateur, des supports du moteur et de la cloche d’embrayage.

Vérifier également les pare-chocs et les écrous de roue.

 

Moteur et refroidissement : les deux nerfs de la guerre

Surveillance du moteur et du circuit de refroidissement est le point le plus important. Le niveau et l’aspect de l’huile du moteur doivent être contrôlés. Une huile laiteuse ou présentant des flocons est le signe d’une contamination par du liquide de refroidissement, souvent causée par une fissure du bloc moteur ou un joint de culasse défectueux.

Moteur Renault Dauphine Gordini

Le liquide de refroidissement doit, quant à lui, rester clair. Une coloration légèrement rouille est tolérable, même après un bon rinçage. En revanche, une texture huileuse ou l’apparition de bulles au niveau du bouchon de remplissage indiquent un défaut d’étanchéité grave.




Préparer la grande sortie : check-list essentielle


Une fois les essais validés, vous pouvez envisager une sortie plus longue. Il convient de vérifier à nouveau la pression des pneus (y compris la roue de secours) et le niveau d’huile. Avant de partir pour de bon, voici ce qu’il ne faut surtout pas oublier d’emporter dans le coffre :

Un cric et une clé de roue

Une boîte à outils de base : pinces, clés, tournevis, marteau, couteau

Une barre ou corde de remorquage

Quelques vis, écrous, rondelles, colliers de serrage, connecteurs électriques, câbles et ruban isolant

Un testeur de tension

Quelques pièces de rechange : ampoules, courroie, bougies, rupteurs, tête d’allumeur, bouchons de réservoir et de radiateur

Si l’espace le permet, un bidon de liquide de refroidissement et d’huile moteur

 

Sur la route : roulez avec sagesse

Le mot d’ordre : ne pas brusquer la mécanique. Pas de grande vitesse, pas de régime élevé. Profitez de l’instant, écoutez le moteur, ressentez la route. Pour cette première sortie prolongée, mieux vaut rester modéré. La mécanique, bien que restaurée, mérite une mise en route progressive.

 



À destination : garder le sens de l’humour

Il faudra parfois accepter que des passants s’approchent du véhicule, tapotent la carrosserie et s’exclament : « Voilà de la vraie tôle ! » Prenez cela comme un hommage, avec le sourire. Aujourd’hui, un tel geste sur une voiture moderne équivaudrait à un passage en carrosserie…



Partager le moment : le « baptême du vétéran »

Il est également agréable d’inviter quelques amis ou passionnés à marquer l’événement, avant de partir, ou en rentrant. Organiser un petit rassemblement informel autour du véhicule restauré est souvent l’occasion d’échanger anecdotes, conseils et souvenirs. Entre amis bricoleurs partagez vos galères et vos réussites. Ces moments-là valent autant que la restauration elle-même.



En résumée : renouer avec le plaisir de la conduite classique

Une bonne préparation fait toute la différence. Prenez le temps de bien faire les choses, de tester, vérifier, et anticiper. Une première sortie réussie repose autant sur la prudence que sur la préparation, c’est non seulement du plaisir sur la route, mais aussi la satisfaction d’un travail accompli jusqu’au bout, en toute sérénité.



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Le menuisier provençal : Comment les anciens ont mesuré avec précision ?

Aujourd’hui avec les outils de mesure électroniques tout semble facile. La précision par laser est un jeu d’enfant, l’histoire d’un simple clic sur un bouton, et le boitier affiche en temps réel le résultat des multiples calculs... Mais comment les anciens charpentiers pour le gros œuvre ou la construction navale, et les menuisiers pour les finitions décoratives ont mesuré, tracé ou vérifié ? Et certains Provençaux ont même développé leurs propres méthodes…



Voici ce qu'on lit dans cet article :

L’histoire de la menuiserie en Provence

La richesse du mobilier provençal

On vous dit comment les anciens ont mesurer avec précisions

On vous explique qu'il existait en Provence des méthodes de mesure spécifiques 

et plein d’autres choses….

Autan le travail du bois a été attribué exclusivement au charpentier. Avec l’évolution des techniques au Moyen Age le nom de menuisier apparait pour celui qui aménage l’habitation en bois. Le menuisier en meuble ne prend le nom d’ébéniste qu’au 17ème siècle avec l’importation des bois exotique par les grands ports, notamment de Marseille. A l’époque le style suivait les modes venues de Paris, notamment le fameux style Louis XV. Le style provençal est relativement récent, je dirai du 19ème siècle.

     Un santon menuiser

En Provence, proche des côtes les forets n’ont jamais été vraiment rentabilisées, elles ne constituaient guère plus que des réserves foncières en attendent les diverses formes de progression des villes. Ainsi l’art du bois n’a jamais été très important. Les meubles que l’on peut trouver en témoignages des périodes passées sont assez rudimentaires et ne traduisent que la médiocrité des conditions de vie de population. Quelques-uns ne sont que les copies importées d’Italie ou d’autres régions de la France. Seulement depuis le 19ème siècle, les artisans se sont spécialisés. Dans leurs ateliers aussi bien dans les grandes villes que dans les villages, ils fabriquaient des meubles de style typique avec des motifs provençaux autour des symboliques de la nature et du travail.19
Une panetière du 19ème siècle

Les meubles typiques sont le pétrin, un coffre trapézoïdal, et la fameuse panetière, ce petit meuble suspendu malgré sa particularité d’avoir gardé des pieds Bien qu’il se ne pose pas au sol. La panetière est ajourée de barreaux et surmonté de fuseaux finement tournés ainsi que des chandeliers, appelés bobèches, pour porter des bougies.

 Un buffet provençal du 19ème siècle : le radassiero


L’autre richesse du mobilier provençal a été des commodes, armoires et autres buffets, en formes de volutes, de courbes et contre-courbes, et toujours sur des pieds galbés. Aujourd’hui très rare est un véritable « radassiero », ce buffet en deux parties dont le meuble supérieur, plus petit, possède des portes coulissantes. C’était un travail de précision avec des matériaux de première qualité. Les portes ont été coulissantes pour ne rien renverser du corps inférieur.

 L'atelier d'un menuisier


Et pour les techniques, on partait toujours d’une esquisse d’un meuble au crayon sur papier, et pour travailler avec précision on a réalisé des gabarits en papier épais pour découper les planches. Et à partir de cette étape le menuisier a utilisé des outils de mesure. Ils ont été toujours d’un prix abordable, même en excellente qualité, ce qui explique qu’on trouve dans les ateliers d’anciens artisans du bois un grand nombre de règles et de rubans gradués. Il a été judicieux de posséder pas seulement des instruments de mesure graduées en centimètres, qu’on appelle système métrique, mais aussi en pouces, avant tout pour la clientèle anglaise et pour la réparation de leurs meubles souvent importés.

 Les outils au 19ème siècle

Une de première leçon d’un apprenti a été de comprendre qu’il faut toujours utiliser le même outil pour un même projet. Il arrive souvent qu’il y ait des infimes différences entre deux outils.

 

Le compas, le trusquin et le niveau à bulle : des outils de mesure indispensables

Pour garantir un travail précis et soigné, les menuisiers devaient disposer d’outils de mesure fiables. Dans chaque atelier on trouvait un mètre ruban, un outil flexible, et une règle rigide qui sert tous les deux à mesurer des longueurs et des largeurs précises.



Indispensable a été aussi une équerre, « escaire » en langue Provençale. Elle est utilisée pour vérifier les angles droits et assurer que les pièces sont bien perpendiculaires. Par contre le compas, compàs en langue Provençal, était notamment employé pour tracer des cercles ou reporter des mesures. D’ailleurs les Provençaux disait compasser, pour signifier le procède de mesurer exactement.

 Ancien établi, début du 19ème siècle


Le trusquin permettait quant à lui de tracer des lignes parallèles sur une pièce de bois. Enfin, le niveau à bulle, inventé au XVIIème siècle, servait à vérifier l’horizontalité ou la verticalité d’un élément lors de son assemblage.

Les autres outilles indispensables

Un menuisier utilise divers autres outils de mesure pour garantir la précision et l'exactitude de ses travaux. Voici quelques-uns des outils de mesure les plus couramment utilisés, dont le pied à coulisse, un outil de mesure précis qui permet de mesurer des épaisseurs et des diamètres, ainsi qu’une jauge de profondeur pour mesurer la profondeur de trous ou de rainures.

 Un vilebrequin

Vérifier le gauchissement et la planéité

Encore avant de les utiliser, on a vérifié le gauchissement, surtout si on craigne qu’elle soit gondolée. Pour cela on pose une règle en acier à chaque extrémité et on vérifie à l’œil. Si les deux règles sont parallèles, c’est que la planche n’a subi aucune déformation.

Pour vérifier si une surface est plane on a procédé d’une manière similaire. L’artisan pose une règle plate, de préférence en acier, dessus. Il tourne la règle plate sous des angles différents pour vérifier la surface entière. La moindre bosse fera osciller l’outil. Une fissure qui laisse passer la lumière confirmera la déformation.

 
 Mesurer l'écart avec deux baguettes

 

Les méthodes provençales

Les outils de mesure mentionnés sont essentiels pour un menuisier afin de réaliser des travaux précis et de qualité, mais pas géographiquement limités. Par contre, très répandu en Provence a été une méthode extrêmes simple de mesurer l’écartement entre deux bords, par exemple pour fabriquer des tiroirs. Souvent plus rapide, et aussi exacte, on peut mesurer l’écartement entre deux éléments d’une pièce en comblant l’espace au moyen de deux baguettes en bois maintenues l’une contre l’autre. Pour cela, il faut tracer un trait sur les deux baguettes pour enregistrer leurs positions. Puis, et sans lâcher de prise, il faut les transférer sur la pièce à mesurer.

Diviser une planche en quatre


Aussi simple et efficace pour diviser une planche en plusieurs parties égales a été la méthode d’utiliser une règle ou un métra à ruban. Par exemple pour diviser une planche en quatre parties égales, il suffit d’aligner l’extrémité de la règle sur un bord et la quatrième division sur l’autre nord. Reste à marquer ensuite les divisions intermédiaires et tracer une ligne au crayon.


#Outillage #Provence #Menuisierprovence
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