De l’autoroute sans limite en Allemagne, à travers les plaines paisibles et les nationales étroites de montagne jusqu’aux sentiers insolites et agréablement ensoleillés d’un littoral encore sauvage et rythmé par de brises de mer. C’est à seulement un coup de fusil des côtes de l’Afrique que l’on se rend, dont on ressent déjà l’effet berçant des journées aux lourdes chaleurs, tout en se trouvant encore ici sur le vieux continent… Oui, les terres françaises et espagnoles ne s'offriront à nous que si nous les explorons vitres ouvertes et cheveux au vent. Mais est-ce vraiment possible de partir quinze jours en vacances, de parcourir l’Europe du nord au sud à bord d’une toute petite voiture électrique, et de trouver en même temps un réel plaisir ? On vous raconte l’aventure d’un homme et de sa Dacia Spring à la recherche de sensations fortes, gravées à jamais dans sa mémoire. Un aller-retour d’Hanovre à Gibraltar, vamos !

Klaus Bonkowski n’a pas l’air d’avoir peur d’un projet irréaliste, alors que la majorité des conducteurs classifierait son voyage dans la catégorie « impossible ». Pour lui ce n’est rien d’autre qu’une expérience, tout simplement. Et finalement il sort vainqueur de cet affrontement contre tous les préjugés. Klaus Bonkowski est parti mi-mai via Dortmund vers la Belgique, pour passer à côté de Luxembourg et se rendre en France. Il laisse Paris à l’ouest pour aller vers Bordeaux et les côtes atlantiques, descendant au Pays Basque via Biarritz.
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| Bordeaux et ses vignobles, surfeur à Biarritz et Saint-Jean-de-Luz |
Sans stress, il choisit le réseau secondaire et évite systématiquement les autoroutes. Dans ce cas rien de mieux que de passer par la fameuse « diagonale du vide », cette large bande très peu peuplée, allant de la Meuse aux Landes où les densités de population sont relativement faibles par rapport au reste de la France. Rien du tout, nada, zéro dépenses de son budget ne va dans les caisses des péages.
La mobilité électrique dans un forgotten world
Mais cette partie de la France, est-elle toujours un « forgotten world », un monde oublié sans structures de mobilité électrique, sans bornes de recharge ? Klaus Bonkowski était conscient du problème, sans trop stresser pour autant. Pendant son voyage de seulement quinze jours, il a été confronté à deux risques majeures, le bon fonctionnement des bornes et l’acceptation de ses cartes. Il utilise davantage l’application EnBW à plus de 250 000 points de recharge accessibles en Europe. EnBW est un grand fournisseur allemand d’électricité, de gaz et d’eau qui s’est orienté vers la transition énergétique, dont la filiale française est Valeco. L’application d’EnBW est considérée comme la meilleure application de recharge en Allemagne, au moins selon un test du club automobile ADAC.
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| La diagonale du vide, des granges et des commerces abandonnées |
Tout s’est bien passé, sur l’ensemble des trajets, ou presque. Il rencontre très peu de soucis de disponibilité et de déconnexions. Seules deux bornes de recharge ont été introuvable, une autre borne a été en panne complète et une borne accessible selon son application se trouvait en réalité dans une marina privée en Espagne dont le gardien lui interdisait l’accès. Il arriva in extremis, presque plus de jus dans sa batterie, à la borne suivante, avec un peu de peur quand même…
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| En langue de Goethe : la carte Frankreich/Spanien de Klaus Bonkowski |
Le voyage de Klaus Bonkowski est assez instructif. On peut conclure que la France a vraiment le droit se targuer de posséder un réseau de recharge déjà très dense. En Espagne, c'est moins rose, les bornes se sont révélées bien moins nombreuses, ce qui aurait pu être problématique, sauf qu’on n’est pas trop embêté par l'occupation des lieux en basse saison touristique. Le côté positif en Espagne par rapport à la France est sa part très importante d’énergies renouvelables, notamment le photovoltaïque et les parcs d’éoliennes.
Deux pays, deux situations différentes
On peut constater que les différents pays d’Europe favorisent chacun des cartes de recharge différentes. Comme en France Chargemap, les Espagnols utilisent majoritairement Electromaps dont le siège se trouve à Barcelone.
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| Bareclone, l'auberge éspagnole |
En vérifiant le coût de charge pour ce trajet avec nos applications cocoricos, Chargeprice et Chargemap, on arrive à une estimation d’environ 400 € pour l’aller-retour. Ce chiffre correspond parfaitement aux calculs que Klaus Bonkowski a réalisé avec ses applications favorites. Le coût final a été une bonne surprise, seulement 345 € pour l’aller-retour de 7.5oo km, c’est-à-dire quasiment 15% de moins.
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| Charger, boire un café, et voilà... |
Pour planifier un si long trajet on a intérêt à tracer l’itinéraire complet avec une application non spécialisée aux besoins des voitures électriques, comme par exemple Mappy et Via-Michelin, ou sur une simple carte routière imprimée sur papier, comme on le faisait au siècle dernier. Ensuite, on choisit les étapes – bien sûr avant tout selon ses envies de s’arrêter pour visiter des monuments, profiter des paysages ou tout simplement ne rien faire. Cela donne la possibilité de diviser l’itinéraire global en plusieurs trajets quotidiens. Ces trajets enregistrés sur Chargemap donnent de bonnes indications pour savoir où s’arrêter pour recharger la voiture. En ce qui concerne le choix des bornes les plus adaptées et le choix de la meilleure carte de recharge dont on dispose, rien ne fait mieux l’affaire que Chargeprice. La procédure proposée en utilisant plusieurs applications a l’air d’être compliquée, mais on s’habitue très vite. Et on peut toujours espérer que la technologie se développera rapidement dans un avenir proche, pour simplifier encore davantage la vie des voyageurs en voiture électrique.
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| Le centre d'Espagne : diagonal del vacio y loco vida |
L’aventure ibérique commence à San Sébastien, après un dernier bout de conduite en France jusqu’à Saint-Jean-de-Luz. Les paysages riches et variés de l'Espagne se découvrent sur environ 700.000 kilomètres de routes, reliant des chemins côtiers sauvages à des routes de montagne pittoresques, ainsi que des plaines éternelles, riches, tant culturellement qu’historiquement. Sans parler de la gastronomie ensoleillée de l’Espagne qui met l’eau à la bouche, des tapas, de grandes paellas à partager, une sangria fraîche parfumée aux épices, suivie d’un café savoureux.
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| San Sebastian, des éoliennes en Espagne et l’idyllique Kartarena begiratokia (Photo K. Bonkowski) |
Le coup du double bis, Paris et Madrid
Klaus se permet de refaire sur la presqu’île ibérique le coup de Paris. Il prend le chemin en direction de Madrid, mais contourne encore une fois une capitale européenne, d’une très large boucle à l’ouest, pour finalement tourner le dos à la « Villa y Corte », tout en longeant les magnifiques campagnes jusqu’à Séville. C’est encore un « forgotten world » comme la « diagonale du vide » française.
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| Murales à Vittoria-Gasteiz |
Ce n’est pas sorcier, dans ces paysages, sa Spring se retrouve parfaitement dans son élément. D’ailleurs c’est une Dacia Spring « Confort Plus » de couleur bleue cenote de la première série. Klaus est bien assis sur sa belle sellerie noire avec surpiqûres orange, poussé par une sorcière avec son balai, un autocollant de couleur orange, évidemment, qu’il a scotché lui-même sur son hayon. Sorcellerie ou génie technique ? Le moteur fait ainsi son job, malgré sa puissance limitée à 45 cv (33 kW). Le poids à vide très faible de seulement 970 kg lui permet même de rouler en mode « Eco », et la garde au sol de parcourir des véritables pistes, dès fois caillouteuse, et cela par tous les temps, la pluie et le soleil, le jour et la nuit.
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| Seville, la perle de l'Andalousie |
Klaus Bonkowski arrive à Tarifa, Gibraltar, traverse encore une fois l’Espagne par l’intérieur, cette fois en tournant le dos à Madrid du côté est, toujours en direction de Saragosse pour redescendre finalement vers la mare nostrum à Barcelone.
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| Algésiras, la porte vers l’Afrique |
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| Gibraltar, pomme de discord entre Madrid et Londres |
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| Malaga, ville natale de Pablo Picasso |
Voyage avec un grand "V", vitres ouvertes et cheveux au vent...
La prochaine étape est la traversé des Pyrénées par une de ces plus mythiques routes de montagne. La Spring s’engage avec bravoure sur les lacets de la Coll de Pal à 2106 m. Son élan est brusquement stoppé quand d’abord un troupeau de chèvres lui bloque la route pendant un bon laps de temps, comme à un autre moment au début de voyage un gros camion bêtement coincé dans un virage. Non, il ne manque pas d’aventures dans son voyage, déjà en France il s’était retrouvé sur des pistes agricoles d’un domaine viticole en suivant les indications de son GPS.
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Les routes de la montagne, rencontre avec un Team Offroad, le camion coincé dans un virage étroite, le Coll de Pal et des chèvres sous la pluie (Photos K. Bonkowski) |
La petite Spring fait aussi de belles rencontres, comme ce groupe d’amateurs de raid avec leurs impressionnants 4x4, trois fois plus volumineux, trois fois plus lourds, dix fois plus gourmands. Et la petite électrique tient bon, sans rougir, la Spring reste cool.
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| Andorre et ses spécialités de fromage |
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| Perpignan, le centre du monde, sa gare et ses enfants... |
Après la haute montagne frontalière et un passage par Andorre, Karl Bonkowski reprend de nouveau le cap sur la mer pour Perpignan, dont la gare est le centre du monde, comme on dit. Il continue son chemin vers le nord par Narbonne, le massif central, direction Dijon et le Luxembourg.
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| Dijon, capitale de la moutarde |
Petite batterie, mais une autonomie impressionnante
Il passe ses nuits dans sa tente bleue. Sur certains campings on peut charger la voiture sous condition qu’un ampérage conforme soit proposé à l’emplacement. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas, en général le courant dispensé est de seulement 6 à 10 ampères pour la plupart des campings. Les prises en Espagne sont du type F, par conséquent, sur une simple prise domestique E/F, le chargeur de la Dacia Spring peut recevoir 2,3 kW de puissance et recharger de 20 à 80% en environ 7 heures. C’est un peu juste pour une prise de 10 ampères. Il est donc important qu’on se renseigne à l’accueil du camping, pour bien connaitre le nombre d'ampères et le diamètre des câbles dont on a besoin pour utiliser pleinement et, en toute sécurité, le chargeur domestique de Dacia. Il est bon de savoir qu’il existe une solution alternative, les fameux chargeurs réglables de 6 à 16 ampères qu’on trouve pour environ 200 € sur le net. Un tel investissement n’est pas du tout intéressant pour des voyages occasionnels, mais tout à fait utile si on recharge déjà sa voiture avec quelques panneaux solaires à la maison. Dans une telle configuration, il faut compter une charge de 20 à 80% en environ 13 heures. Dans tout le cas, la Spring bleue tient bon, elle affiche des fois une autonomie de 290 km.
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| 7.5oo km en Spring (Photos K. Bonkowski) |
Un road trip mouvementé, de 7.5oo kilomètres en quinze jours prend fin, il reste à Karl Bonkowski de passer par Cologne et Düsseldorf avant de rentrer chez lui, à Hanovre.
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Luxembourg et ses banques, Cologne et sa brasserie Antik-Brauhaus et la superbe "Fête de la France" à Düsseldorf |
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| La ville de Hanovre, sa spécialité le pain Gerstenbrot et à la Foire de Hanovre |
Faire un road trip en Europe permet de se réapproprier un voyage avec un grand V, parcourir de magnifiques paysages en toute liberté. On s’arrête où bon il nous semble, et avec une Dacia Spring pour un budget bien plus faible que pour un voyage traditionnel.
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| Une Spring et el torro de Osborne |
L’expérience de Klaus Bonkowski est un énorme succès qui prouve qu’on peut réaliser de véritables voyages avec une petite voiture électrique, en toute simplicité. Avec son voyage il a prouvé les qualités techniques de ce petit véhicule électrique de marque Dacia, né dans le berceau du constructeur au losange. Un château en Espagne ? Mais non, la Spring a tout pour être un jour une véritable légende de l’automobile. Alors, je vends ma gazoline…
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