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Les belles petites voitures des vacances populaires sur les nombreux campings de l'époque



Renault 4CV, la première voiture populaire produite en grande série en France. C’était un autre temps, celui des grandes migrations estivales vers des campings ou des meublés touristiques à Antibes Juan-les-Pins, des vacances pour tous pour passer du bon temps en famille ou entre amis. L'été 1936 a marqué un tournant dans la société française avec la mise en œuvre des congés payés. Les grandes vacances venaient d'être créées. L'acte déclencheur a été la victoire du Front Populaire aux législatives du 3 mai 1936 , après de luttes de plus de deux millions de travailleurs, des grèves et occupations d'usines pour obtenir de meilleures conditions de travail.


Si les vacances s'ouvrent à tous, manque de moyens, les premières années on prends encore vélos et tandems pour s'échapper. Mais peu à peu l'automobile ne sera plus un luxe, uniquement à la portée des classes les plus riches. Fin des années 40 du dernier siècle La France se motorise.



Boulevard Charles Guillaumont à Juan-les-Pins


Le Pam Pam à Juan-les-Pins

S’entassant souvent dans des voitures exiguës, on empreint maintenant la mythique RN 7 derrièrs le volant. La Route Nationale 7, célébrée par Charles Trenet dans une chanson de 1955, devient LA route des vacances et du soleil... mais aussi celle des embouteillages, des pannes, des querelles et des accidents ! Commerces, garages, hôtels et restaurants fleurissent le long de son tracé, pour accommoder les vacanciers, parti de Paris pour la Côte d’Azur. Peu de gens le savent, mais sous le Premier Empire, en 1811, à une époque ou Nice n'a pas encore été rattaché à la France, un décret de Napoléon Bonaparte introduit la numérotation des routes, et la voie Paris-Antibes devient la Numéro 7.

Catalogue de la "Motte de Beurre"

Le lancement de la Renault 4CV, la première voiture populaire produite en grande série en France devient rapidement l’un des symboles des congés payés et des grandes vacances. "La motte de beurre", comme on l'appelait, a à l'époque dominé le marché, loin devant la "Deuche", du à la pénurie d’acier qui a posé des problèmes d’approvisionnement aux chaînes de fabrication de Citroën, l'état favorisait la Régie Nationale.



Une belle Renault 4CV parfaitement restaurée












Citroën 2CV et Citroën Dyane, aujourd'hui des voitures cultes








Caractérisé par la démocratisation de la voiture et le développement des campings, cette époque a été marqué par trois changements un peu ignorés :






Renault 4CV facon camping car




Les voitures étaient petits, alors on part en petit famille, les enfants, maman et papa tout fier au volant. Tant pis, s'il n'y avait plus de place pour la belle-mère, à partir de maintenant on allait ailleurs que dans sa famille.










Autre changement majeur avec des vacances en bord de mer, il faut désormais être bronzé, le signe extérieur, la preuve d'avoir passé des superbes vacances. En fait à l'époque on ne disait pas bronzé, mais "hâlé".

Plage de la Salis à Antibes


Antibes, le Logis de la Brague


Flic ou voyou avec Belmondo, lieu de tournage Camp du Pylone



Camping "Pont du Lys" à Juan-les-Pins

#Renault4CV #Citroën2CV  #CampingAntibes  #CampingCotedAzur
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Antibes : Méhari burning

Une nuit d’été, un pyromane, deux voitures de plage en feu, pas de témoins… En bref, on dirait un crime parfait. Il ne manquait que ça pour que la psychose s’installe d’un coup sur la Côte d’Azur. Bien sûr, la police a immédiatement pensé au fameux pyromane de Paris qui - durant une période de deux mois il y a quelques années - a mis le feu à toutes les Citroën Méhari de la capitale. D’ailleurs, ce malfaiteur n’a jamais été ni identifié, ni arrêté, malgré l’intervention de quelques futurs superflics qui n’ont pas pu empêcher qu’il y eût plusieurs victimes dont un mort d’asphyxie. Et si ce n’était pas par hasard que tout a recommencé dans cette belle ville des Alpes-Maritimes qui héberge Marineland ? L’histoire est digne d’un polar, c’est comme un film de Chabrol, plein de mystères, une histoire sans fin mais aussi un voyage dans les années 70.


Voici ce qu'on lit dans cet article :

L’histoire de la Citroën Méhari

Le grand mystère : qui est le pyromane isolé des Méhari

L’échec des superflics des années 70

Les copies de la Méhari dans le monde entier

La Méhari es le fondateur de Marineland à Antibes

Les vraies énigmes dans l’affaire des Méhari incendiée

et plein d’autres choses….


Nous sommes à Antibes, une soirée de fin du mois d’août. C’est l’année 1977. Cette même année, la dernière exécution à la guillotine a eu lieu en France, l’ONU a instauré la « Journée Internationale de la Femme », l'émission culte « Les grosses têtes », animée par Philippe Bouvard a débuté sur RTL et le « Roi du Rock’n Roll » Elvis Presley est décédé. La foule très nombreuse de touristes vient de quitter leur chambre d’hôtel ou de faire ses bagages sur le camping du « Pylône » dans le quartier de la Brague pour rentrer vers Paris, Londres, Genève et Milan. Seuls quelques habitués sont restés. Subitement, on compte moins d’embouteillages en descendant le boulevard Albert 1er vers la plage de la Salis dont le banc de sable de plusieurs centaines de mètres de long est visiblement moins bondé qu’il y a quelques jours encore. La météo s’affiche plus clémente avec toujours de très belles journées ensoleillées. On dirait qu’Antibes est devenu un havre de paix, le paradis du farniente.


Plaque garage Citroën Antibes, Plage de la Salis, Camping du quartier de la Brague

Mais dans un intervalle de seulement quelques minutes nocturnes tout est bouleversé : une première Citroën Méhari a brulé à Antibes, dans l’avenue Gambetta, au n° 11, devant cette belle demeure à deux étages qui existe toujours avec son jardin donnant sur l’angle de l’avenue Tourre. Peu après, une deuxième voiture brule au Boulevard Wilson.

Moteur d'une Méhari restaurée, moteur d'une Méhari incendiée

Le lendemain, partout dans la ville, au port, dans les ruelles en bas du marché, tout le monde ne parle plus que de ces incendies. On en parle évidemment aussi dans les bureaux du maire Pierre Merli, l’italien d’Arezzo en Toscane devenu un homme important, marié à Adry Bambini, née à Pérouse, à seulement quelques kilomètres d’Arezzo. Pourtant il l’a connue à Antibes, où ce résistant recherché s’est caché chez les parents d’Adry, les fabricants de pâtes de la rue James Close.

François Mitterrand et Pierre Merli à Antibes en 1987, Mitterrand au volant d'une Méhari

Il a été surtout un très proche de François Mitterrand, ce dernier a même passé son voyage de noces avec Danielle chez les Merli sur la Côte d’Azur. Pierre Merli a été aussi un grand amateur des voitures au double chevron, même s’il a finalement changé pour une Mercedes. Pierre Merli ne doutait pas souvent, mais parfois, en des circonstances si graves… De l’inquiétude s’installait aussi dans les vastes hangars du garage de Blanche et Armand Escalier, les dirigeants de la concession Citroën située au nord de la cité des Remparts depuis le début des années 1960…

Avenue Gambetta à Antibes : une première Citroën Méhari au niveau du n° 11

Mettre le feu à toutes les Citroën Méhari de Paris

Tout avait commencé en hiver 1973 à Paris, entré Noël et le Nouvel An, le 27 décembre exactement. C’était dans le 13ème arrondissement, du moins selon les premières informations. Ainsi, cinq ans après son lancement, la Citroën Méhari a de nouveau fait les grands titres de l’actualité, mais pas comme d’habitude dans les pages de « L’ Automobile Magazine » ou de « L’ Auto-Journal », mais dans la rubrique faits divers de tous les quotidiens et émissions radio ou télé, pas seulement parisiens mais aussi provinciaux. Une voiture a été incendiée, une seconde, puis une troisième, une dizaine, une cinquantaine… Les feux se succèdent à un rythme infernal. Les policiers Parisiens s’étonnent que l’incendiaire ne s’attaque qu’aux voitures de plage de marque Citroën, et placent des patrouilles de policiers supplémentaires dans la capitale, chaque nuit plusieurs dizaines de policiers. Au total 150 agents sont mobilisés… mais l’enquête patine. Ils arrivent toujours trop tard sur les lieux, les riverains n’ont rien vu et le pyromane qui ne laisse pas de traces reste introuvable. La psychose s’installe chez les conducteurs de Méhari. Sur les ondes de France Inter une propriétaire de ce modèle se plaint de ne plus dormir la nuit, tellement elle aurait peur qu’on mette le feu à sa petite voiture, et Patrick Poivre d’Arvor interroge même un psychiatre pour dresser un portrait psychologique de l’incendiaire.

La Méhari dans la presse spécialisée et l'edition de livres

Le 9 février 1974, une Méhari garée dans un garage, toujours dans le 13ème arrondissement, est incendiée et le feu se propage à l’immeuble, intoxiquant cinq résidants. L’un d’eux meurt asphyxié quelques minutes plus tard à l'hôpital.

Paris, le 13ème arrondissement

A partir de cette nuit l’incendiaire cesse de mettre le feu à la petite voiture de plage. C’est la fin de l’histoire. Officiellement, on comptabilise 63 Méharis brûlées et l’auteur n’a jamais été identifié. L’affaire a été classée au rayon des dossiers non résolus.

 Le 9 février 1974, la dernière Méhari incendiée à Paris

Des superflics livrent leur interprétation des faits

Quand, en 2016, un ex-superflic du 36 Quai des Orfèvres et ancien patron du Raid, sort ses mémoires « Dans le secret de l’action » on apprend d’autres détails de l’affaire. Jean-Louis Fiamenghi a été responsable de la sécurité du Pape Benoit XVI lors de sa visite en France, ainsi que du président Obama et il a assuré la protection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Il a été en contact avec Arafat, a mis fin à la cavale en Corse d’Yvan Colonna et a été dans le commando qui a tué « l'homme aux mille visages », Jacques Mesrine dans sa BMW verte. On surnomme Fiamenghi « Bébel » et son premier fait d’armes n’a été rien d’autre que cette affaire du pyromane de Méhari à Paris. C’était avant tout une école de patience, il fallait se fondre dans le décor lors des filatures pendant de longues heures. Il découvre aussi que son chef de groupe de l’époque est un ripou, tenté par l’argent, la drogue et autres avantages, comme le commissaire Neyret que « Bébel » a formé plus tard.

Nicolas Sarkozy et superflic Jean-Louis Fiamenghi,
la BMW verte de Mesrine et l'arrestation d'Yvan Colonna en Corse


Mais en ce qui concerne les Méhari, on apprend que finalement le chiffre officiel serait faux, il n’y avait pas seulement 63 voitures de plage qui ont brûlé, mais au moins 90 seulement à Paris. Déjà en octobre 1972 une quinzaine de Méhari étaient parties en fumée dans le 18eme arrondissement sans qu’on retrouve leur incendiaire. Il n’est pas étonnant que les ventes de la Méhari aient brusquement chuté en 1974.

D’autres superflics ont également parlé de l’affaire, tout au début Pierre Ottavioli, commissaire corso-marseillais connu depuis la disparation d'un des principaux opposants socialistes au roi Hassan II ainsi que du chef de file du mouvement tiers-mondiste et panafricaniste, Mehdi Ben Barka en 1965. Il s’est aussi occupé de l’affaire Marković, un trafiquant de drogue, ancien employé d’Alain Delon. Il a rendu service à l’acteur en tant que garde du corps, secrétaire et chauffeur. Delon s’est séparé de lui après avoir appris que Marković était accessoirement l’amant de Nathalie, son épouse. Le serbe Stévan Marković a été assassiné en 1968, tout laissait penser à un règlement de comptes dans le milieu des stupéfiants. Mais l’affaire a rapidement impliqué la femme du Premier Ministre Pompidou. Selon les rumeurs de l’époque, Claude Pompidou aurait participé à des parties fines dont des photos se trouvaient entre les mains de ce refugié yougoslave devenu criminel, et pourquoi pas maître-chanteur …

 Natahalie Delon et Stévan Marković, Alain Delon avec Mireille Darc au volant d'une Méhari
et Claude et Georges Pompidou à la plage

L’investigation dans l’affaire des Méhari incendiées a été confiée à Pierre Folacci, un des piliers de la PJ de Marseille, dès janvier 1974. C’est finalement à Marseille qu’un suspect s’est autodénoncé. Il a été interpellé mais il s’avéra être un mythomane.

Un second rôle pour Marineland ?

Trois ans et demi plus tard, l’affaire sorts des cold-cases sur la Côte d’Azur, réchauffée par les cendres de l’incendie de deux voitures fin août dans le centre d’Antibes.

En fait, cette voiture de plage réalisée avec une carrosserie plastique en ABS qui ne résistait pas du tout au feu a été conçue par le grand capitaine industriel Roland de la Poype (1920 – 2012) qui a également créé Marineland en 1970 pour faire « connaître la vie des grands animaux marins ».


 Pub pour le berlingot Dop, show à Marineland,
Nicolas Sarkozy remet à Roland de la Poype la Grand'croix de la Légion d'honneur en 2008

Après avoir fondé le pionnier français de l'emballage plastique, la « Société d'Etudes et d'Applications du Plastique » (devenue DuPont Liquid Packaging Systems), Roland de la Poype met le shampooing « Dopal » de L'Oréal, jusqu’ici seulement connu des coiffeurs professionnels, dans un petit berlingot en plastique souple et transparent nommé DOP qui va connaitra à partir des années 50 un énorme succès commercial dans les rayons des drogueries et supermarchés. Vendu à des dizaines de millions exemplaires par an, le petit sachet de shampooing a été proposé à l'unité ou en chapelets multicolores, en bleu, vert, jaune, rouge et violet.

Pour son invention d’une voiture de plage commercialisée par Citroën à partir de 1968, Roland de la Poype, le roi du plastoc, reste dans sa spécialité. Il utilise un polymère résistant, teinté dans sa masse de couleurs psychédéliques, pour mouler la carrosserie sur un cadre en tube d’acier monté sur le châssis, avec la mécanique simple et le moteur à deux cylindres de la Dyane 6.


Une Méhari sur les galets de la plage de la Siesta entre le Fort Carré d'Antibes et Marina Baie des Anges







C’était une voiture « FAF », facile à fabriquer et facile à financer, fortement inspirée de la Baby Brousse ivoirienne ou de La Dalat vietnamienne. Citroën en fabriquera 140.000 exemplaires. Vendue même aux Etats-Unis, c’était presque un succès mondial, mais la voiture n’a pas été homologuée dans certains marchés très importants comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne à cause de la caisse inflammable. Pour ces marchés, des petits constructeurs ont esquissé des copies.


La Dalat vietnamienne et la Baby Brousse ivoirienne

Ainsi la société germano-américaine Fiberfab à Ditzingen, un petit village médiéval dans le sud-ouest de l’Allemagne, a fabriqué d’août 1975 à 1982 un modèle sur la base de la 2 CV qui a été commercialisé en pick-up ou 4 places, avec pare-brise rabattable et un hard-top en option.

Une Fiberfab Sherpa verte et la Namco Pony en bord de mer

La Méhari d’outre-rhin a été nommée « Sherpa », livrée aussi en kit en fibre de verre à monter soi-même, en seulement cinq heures après démontage de l’ancienne caisse de la Deuche. Seulement 250 exemplaires ont été vendus, un échec commercial, car au même moment un des plus importants concessionnaires grecs, Namco, a eu l’idée de lancer le modèle « Pony », basé sur la Dyane 6 et fabriqué dans une nouvelle usine à Thessalonique. Vendue en 1979 à presque 5000 exemplaires, elle a été la voiture la moins chère de Grèce. La Namco Pony a été fabriquée jusqu’en 1983. La Méhari française, elle, a été encore construite jusqu’en 1987.

Sauf qu’en 2018 l’affaire refait surface

Bizarrement, le 6 juillet 2018, donc 50 ans après le lancement de la Méhari, à la sortie de l'école maternelle Jacques-Boissier à deux pas de l’hôpital de la Fontonne à l’est de la ville d’Antibes, un après-midi vers 16 h 30, une Méhari s'est embrasée sur le parking de l’établissement scolaire. Le sinistre soudain et très violent s'est propagé à cinq autres véhicules. La Méhari, appartenant à un parent d'élève, a pris feu de manière accidentelle selon les constats. Plus de peur que de mal, pas de victimes grâce aux policiers municipaux chargés de la circulation qui mirent immédiatement en place un périmètre de sécurité pour permettre aux pompiers d’intervenir rapidement sur l'incendie.

Méhari en feu sur le parking d'une école maternelle à la Fontonne/Antibes, l'église du quartier 


La Maternelle se trouve à seulement quelques pas de la gare de Biot, en bas de Marineland. Ce parc animalier rencontre depuis octobre 2015 d’importantes contestations de la part des défenseurs de la cause animal, après le mort de 20 animaux, dont 5 orques. Des pluies diluviennes ont provoqué cet automne une vague boueuse de deux mètres qui déferlèrent désastreusement sur les bassins de Marineland.


Pamela Anderson manifeste à Antibes contre le parc animalier Marineland

Puis, encore en juillet 2018, une série importante de manifestations contre le parc animalier a eu lieu à Antibes et Nice avec des actions très impressionnants, d’enchaînement, de faux cimetières aux animaux et de flash-mobs. Même la célèbre star américaine Pamela Anderson est venue les soutenir. Mais c’est une tout autre histoire…

Les vraies énigmes

Dans cette affaire, de nombreuses questions se posent. Est-ce qu’il y a un seul ou plusieurs incendiaires, en collaboration ou non ?  Est-ce qu’il existe un lien entre les actes de pyromanie à Paris en 1973/1974 et à Antibes en 1977 ? Quelles sont les motivations : vengeance, perversion, ego… ?

Il n’existe pas de réponses satisfaisantes, pas de certitude. Mais, des décennies après ces évènements, on peut toujours privilégier la même piste que la police a suivi initialement, dès les premiers jours de janvier 1974. Il s’agirait d’un pyromane isolé, donc sans complices. L’incendie des Méharis de Paris a été mis dans un rythme d’environ deux voitures par nuit, le malfaiteur ayant toujours agi à pied. Les actes n’ont jamais été revendiqués ou signés, il n’y a pas de témoignages exploitables, ni d’indices laissés.

Qui en est l’auteur ? Un type vaniteux qui a incendié les voitures pour qu’on parle de lui ? Simplement un fou ou un alcoolique agressif qui chercherait à se venger ? Mais se venger de quoi et de qui ? De Roland de la Poype, le père de la Méhari et de Marineland ?

En général, un homme peut se transformer en criminel par manque ou par trop-plein d'amour...

Difficile de faire un profiling, mais on peut constater que le malfaiteur doit être d’un caractère très discret, organisé et déterminé. Il voulait qu’on parle de ses actes, sans s’en vanter personnellement.

C'est cela l'essentiel : tout ça pour finalement pas grande chose.

Sans revendication nous n’avons pas non plus la moindre idée sur ses vraies motivations. S’agissait-il d’un acte dans l’esprit de mai 68, contre la France bourgeoise, contre une société de surconsommation dont la voiture est un symbole, une attaque écologique de la classe moyenne de l’après-guerre et des Trente Glorieuses ?

Ou tout son contraire ? Même si la voiture a été présentée en mai 68, cela ne s’est pas passé sous les barricades. La voiture de plage, entourée d’une vingtaine de belles mannequins, a été présentée dans l’enceinte du golf de Deauville, un temple de la grande bourgeoisie. Peut-être l’incendiaire préférait-il les berlines classiques et les dames galantes, détestait-il le progrès, la modernité, les filles en jeans ? Et l’apparition de la Méhari aurait été pour lui un sacrilège.

La présentation de la Méhari dans le golf de Deauville en 1968 

Est-ce qu’il y a des raisons très personnelles, comme par exemple la perte d’un proche, sa femme, son enfant, ses parents, dans l’accident d’une Méhari ?

Non, on n’arrivera pas à découvrir ce qui le motivait. Mais quand il est passé de pyromane à homicide, a-t-il alors compris qu’il était allé beaucoup trop loin ? Ou a-t-il quitté Paris pour se cacher, pour refaire sa vie ailleurs ?

Ce qui frappe, c'est qu'il y a une forte probabilité que ce soit le même pyromane de Paris qui a recommencé dans cette nuit du mois d’août 1977 à Antibes. Il y a trop de similitudes, et on sait qu’il n'y a pas deux délinquants qui se ressemblent. On sait seulement qu’après les Méharis en feu à Antibes en 1977, le dossier n’est plus jamais sorti des cold-cases.

Aujourd’hui, des décennies après, il y a prescription. Si l’incendiaire est encore parmi nous, peut-être habite-il à Antibes dans un confortable appartement du centre-ville, ou dans une somptueuse villa du Cap d’Antibes. Il aurait sans doute 68 à 70 ans, même un peu plus, peut-être. On aimerait tellement avoir de vraies explications, ou – au moins - un plaidoyer magistral de sa part qui mériterait d'être lu, analysé et médité... Car personne ne naît délinquant !


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#CitroënMehari  #Citroën  #Antibes  #Marineland  #Pyromana

Un garage est comme un empire : A la gloire des mécanos à l’arrache des pays du sud

 


Passionné par l’automobile ancienne, je parle régulièrement dans les articles de mon blog de mon point de vue très personnelle au sujet des vieilles voitures, et aussi de mon expérience avec. Mais, pour être clair, je ne suis pas du tout un vrai mécano auto, je ne dirais même pas que je suis un autodidacte. Par contre ça ne m'a jamais empêché de réaliser depuis toujours l'entretien et les réparations de mes voitures moi-même. Je pense que je fais partie de ces mécanos à l'arrache, de ceux qui aiment les choses simples et la débrouille...

Restauration d'une Peugeot 304 Break dans mon premier garage

Grâce à des revues techniques, des conseils des amis et depuis un bon moment aussi des tutos sur internet, j'ai appris de me dépanner, et peu à peu de faire de la vraie réparation mécanique. Et comme c'est souvent une priorité dans la restauration d'une voiture ancienne, je n'ai jamais délaissé la carrosserie, l'intérieur etc.


Le train arrière d'une Citroën CX


Restauration d'une garniture de porte d'une Citroën CX

Ainsi j'ai écrit ou je vais écrire ici, sur "Garage-en-Provence", des articles qui parlent de l’aménagement d'un nouveau atelier qui a débuté il y a quelques années, et d'une manière ou d'une autre aussi sur l’équipement, l'outillage, de tours de main etc.




Changement d'un moteur fatigué d'une Peugeot 504 à l'aide d'un simple palan manuel à corde














J'ai eu la chance de disposer depuis toujours d'un petit atelier ou d'un garage pour bricoler, et ça remonte à mon adolescence. J’ai commencé à m’intéresser à la mécanique vers mes quinze ans, au même moment quand j'ai commencé à m’intéresser aux filles... Avec des mains sales et des pantalons toujours tachés de la graisse, faut l'imaginer... Bref, j'aurai mieux fait de me pacser avec un camion dépannage ou une fourgonnette Citroën, au lieu de rêver d'amour romantique.




Petite panne, rien de grave. Sur la photo une de mes premières Peugeot Cabriolet en Corse












Ma première petite moto, une superbe tchèque. Hors de l'asphalte ma Jawa Mustan a été une bombe...












Publicité pour une Jawa Mustang des années 70









Mais, enfin, en ce qui concerne ma propre moto de l’époque, une petite tchèque, j'ai été obligé de bricoler sur ma bécane en cachette, pour que mes parents n'apprennent rien, mais vraiment rien du tout, de ce que j'ai été en train de trafiquer. Avec des petits boulots j'ai gagné assez d'argent pour m'acheter une petite moto de 50 cm3, une Jawa Mustang. Le moteur de 50 cm3 a développé seulement 2 cv, couplé à une boite de 3 vitesses, on dirait une mobylette à deux places. Évidemment, ç'a été un peu limité, notamment si les autres copains fils de médecin, de commerçant ou autre directeur d'usine, ont eu droit à des Zündapp (KS 50 "watercooled" pour les connaisseurs) ou Hercules (K 50 ultra), c'est à dire trois fois plus de puissance pour aller deux fois plus vite... Alors j'ai démonté à plusieurs reprises le moteur de ma Jawa pour travailler avec des limes et des râpes le piston, j'ai également amélioré l'admission, aussi l'allumage et j'ai effectué en plus quelques autres modifications dont des manipulations au niveau de l’échappement et le changement du rapport de la troisième vitesse en plus longue. Ainsi, étape par étape, j'ai clairement augmenté la puissance de ma petite moto tchèque qui m'a permis de dépasser les 75 km/h, et aussi de gagner en accélération, au moins à la deuxième vitesse. Hors de l'asphalte ma petite tchèque et moi, on a été le meilleur, de loin... 45 ans plus tard, aujourd'hui cette Jawa est toujours en état de marche, et n'attend qu'une bonne révision.


Take a ride through the canyons...

 
Il y avait même un film sur cette génération de ma jeunesse, "Schluchtenflitzer" de Rüdiger Nüchtern, un film culte. C'est un chef d’œuvre des films d'auteur des régisseurs bavarois, à ce point qu'il y a encore - des décennies après - chaque année un grand meeting avec des centaines de participants sur leurs vieilles bécanes...





"Schluchtenflitzer" de Rüdiger Nüchtern, 1979

















Rassemblement des fans du film "Schluchtenflitzer"









Peu après, à 17 ans, j’avais déjà retapé ma première voiture, bien avant d'obtenir mon permis de conduire, j'ai en été très fier. Toujours chez mon grand-père, toujours inconditionnellement complice, dans son garage d'ailleurs. On m'avait offert l'épave d'une belle voiture, malheureusement accidentée et vu son âge prononcée, d'une bonne quinzaine de printemps au moins, dans un assez mauvais état général. Ainsi j'ai sauvé ma première voiture de la casse auto : une Renault Dauphine, une véritable Gordini. Pour réparer cette voiture avec son look unique, j'ai du concentrer tous les corps de métier de l’automobile, de la mécanique à la peinture...

Ma Renault Dauphine Gordini en 1977

Quelques années plus tard j'ai eu mon premier garage privatif d'environ 20 m2 que j'ai transformé en atelier. D'autres projets ont suivies, une Cox, une Deuche, des Quatrelles mais aussi des vieilles Peugeot 204 Cabriolet, des 304, des 504, une Volvo 122 (Amazon), des voitures à moteur rotative (NSU RO 80), d'autres Citroën et Renault, une R 15 et un Espace, fabriqué par Matra à Romorantin.







Cette Triumph Spitfire d'un ami a eu un gros problème de moteur. Mais on l'a maitrisé. Sur la photo avec ma copine et future épouse...









J'ai demenagé, j'ai eu d'autres garages, et depuis une douzaine d'années - déjà ! - j'ai un atelier mécano de 24 m2 au sol avec un large cours qui permet de travailler sur deux voitures à la fois. Vu que j'aurai la possibilité de gagner 16 m2 en grenier sous le toit, pour m'y installer ça serait l'idéal, mais à ce jour il n'est malheureusement pas certain que ça sera possible.



Mon ancien atelier, le troisième en France, hyper organisé...







Sur une telle surface au sol (au minimum) j'avais envisagé il y a quelques années de réaliser un nouveau atelier de mécano, dans un style bien particulier en fonction de mon goût et mes passions, (et aussi de mon budget), avec un coin bureau et documentation (pour bien profiter de ma collection de livres et d'autres ouvrages sur les voitures anciennes) et une belle surface de stockage... Évidemment en respectant toutes les normes, notamment de pollution des sols, comme j'ai toujours fait.


Ma Volvo Amazon, une 122, a été démonté avant restauration sur le trottoir de mon logement à l'époque,. Et c'était en même temps l'origine de quelques ennuies avec la police... Ils ne voulaient pas comprendre que c'est une voiture magnifique.






Pendant mes voyages j'ai été surpris de l'efficacité des mécanos dans les pays du sud, notamment en Afrique. Leurs garages souvent de plein air semblent être chaotiques, mais quand j'ai attentivement regardé, ils ont aussi droit à ses lettres de noblesse, et aussi pour eux, leurs garage est une sorte d'empire, mais pas seulement, c'est autre chose : l'efficacité de ces gens et la simplicité de leurs lieux de travail qui m'inspirent aujourd'hui dans mon projet.




Une Fiat 131 Mirafiori, changement d'alternateur sur un Camping d'Antibes











Les mécanos clandestins de nos banlieues...

Leurs ateliers sont le résultat d'une économie de la débrouille, qui s'est développe depuis des décennies partout, pas seulement dans la brousse, aussi dans les quartiers pauvres de nos villes en Europe. Pour aller au travail, il faut souvent une voiture dans ces quartiers mal desservis par les transports en commun. Sauf qu'avec un contrât précaire et une petite paie on ne peut pas s'offrir les prestations d'un garage officiel. Ce sont alors les mécanos clandestins qui ont envahi les parkings des cités et qui permettent aujourd'hui à une partie de notre économie de tourner. Souvent des "sans-papiers" africains, dont beaucoup de maghrébins, réalisent en plein air avec une simple trousse d'outils les réparations trois ou quatre fois moins cher qu'un vrai garagiste, payées cash évidemment. C'est une économie de l'ombre directement liée à la pauvreté. Ils ont tout mon respect, ces mécanos à l’arrache dans leurs garages clandestins à coté des trottoirs, écoutant la musique oriental, grappillant quelques euros, ce peu de monnaie qui suffit pour se faire un grec à midi ou des petites courses, de quoi vivre, c’est tout...


Un mécano clandestin sur le parking d'une cité en banlieu quelque part en France


 





En Afrique : des mécanos à l'arrache retapent une voiture importé via un port néerlandais








Les mécanos de la débrouille et leurs galères...

 
Le mode de travailler de ces mécanos de la débrouille est plutôt très rudimentaire, j'ai - moi aussi - toujours aimé les observer pendant mes voyages. Je n'ai jamais vu qu'ils changent la moindre pièce d'un pot d'échappement, c'est toujours réparé par soudure. Je n'ai jamais vu qu'on jette un moteur ou une boîte de vitesse, pour eux tout est réparable. Et si on ne trouve pas une pièce, on la fabrique ou on adapte une pièce d'une autre voiture.





Restauration d'une Quatrelle à Madagascar








Les galères mécaniques, c'est leurs vie. Mais au moins leurs travail n'est pas chronométré à la centième d'une heure pour un seul mécanicien, bossant isolé, galérant sous pression, en concurrence avec les autres, sous surveillance d'un logiciel informatique, toute la journée du pointage du matin jusqu'au soir, comme c'est le cas chez nous. Là-bas ils sont toujours à plusieurs autours d'une voiture à réparer, des vrais camarades, et ça rigole, ça hurle, ça peste contre un vis grippé, ça vie.




Quatre amis réparent la suspension d'une Peugeot 505














Très souvent, une lame de suspension cassée, par exemple, est en pièce de rechange tout simplement introuvable, évidemment on ne peut pas attendre autre chose dans les conditions économiques des pays pauvres. Alors faut couper une lame d'une autre voiture pour l'adapter à la bonne dimension en la sectionnant avec une simple disqueuse, si on a du courant électrique. Pour obtenir la bonne courbe, elle sera après forgée d'une manière très artisanale, en creusant un trou dans la terre, chauffant la braise du charbon avec une aération par tube enterré qui allume le foyer avec l'air soufflé. Et ça marche, c'est incroyable, l'acier sera effectivement chauffé à rouge pour permettre de former la bonne courbe à coup de marteau.




Reparation d'une bôite de vitesses en Amérique centrale











Pour un pneu crevé, c'est pareil. Si on ne trouvé pas la bonne dimension, faut réparer. Après localisation du trou dans l'eau savonneuse, déjà déjanter, n'a rien avoir avec l'utilisation des machines qu'on connaît des ateliers franchisés des "centres pneu pas cher" dans les pays riches. Non, c'est un peu comme pour un pneu de vélo, seulement beaucoup plus grand, donc très physique comme boulot. Le trou sera soigneusement bouché avec un morceau de caoutchouc d'une chambre à air et bien, mais délicatement chauffé avec une lampe à gaz pendant au moins dix minutes. Une fois remonté, c'est de nouveau parti. Peut-être ce n'est pas aux normes, mais ça fonctionne, pour des milliers de kilomètres.


Faire avec les moyens du bord...


La quincaillerie d'un mécanicien mexicain et son break de service

Le continent africain a dû faire avec les moyens du bord depuis longtemps pour réparer et faire rouler nos vieilles automobiles européennes et d'ailleurs de plus en plus japonaises (suis désolé, une Toyota est hyper demandée, par contre impossible d'avoir un bon prix pour une Citroën...), destinées à la casse avec prime, ainsi souvent importés illégalement de la France ou de la Belgique par bateau via un port néerlandais. Le coût du transport varie, souvent autours de 800 € par voiture, c'est la loi du marché. Pour économiser, l'intérieur de la voiture est chargé des pièces détachées et autres marchands incroyables comme des vieux frigos, ventilateurs etc. Une fois sur place, le véhicule sera entièrement révisé à partir des pièces de récupération, repeint et l’intérieur adapté au goût locale.

Si on n'a pas vu de ses propres yeux, on ne peut pas le croire : mais dans certains pays il y a des marchés ou des vendeurs se sont très spécialisé à certains catégories de pièces d’occasion, par exemple des lames de suspension, des ponts, des neimans ou des cardans etc.

Marché pour pièces d'occassion dans le Maghreb


Un spécialiste de la pièce detachée en Sri Lanka

Voilà, c'est dans un tel esprit que j'ai aménagé mon atelier mécano de rêve, pour moi et mes petites cylindrées. Ici, non, on n'est pas dans le luxe sophistiqué, tout reste simple. J'ai quelques tâches d'huile au sol, peut-être pour toujours, un bel espace bureau derrière, mon atelier est un lieu à beaucoup de charme, certes, d'un autre charme. Pas hyper organisé, sans coffre de diagnostique (ou presque), déjà au bruit que le moteur fait, nous, on sait ce qu’il y a, les calages, les réglages à effectuer…

Des vieilles Mercedes à l'entrée de la montagne du Rif au Maroc


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La folie Type H : Transformer un vieux "tube" de Citroën en food truck

On est de nouveau en crise, encore plus grave que les précédentes nous disent les économistes, toujours... En 2008, pendant le choc des subp...