En partant des Alpes-Maritimes, on est à deux pas de la région du Lubéron, ce magnifique pays des ocres, et toutes ses nuances, avec une multitude de villages perchés, des paysages splendides de vignes, de chênes blancs, des cèdres ou d’oliviers. On se balade dans l’atmosphère unique d’un livre de Peter Mayle. L’adorable architecture des mas du Lubéron se cache dans les collines, grâce à un simple enduit fait de l’eau, de sable, de chaux en pâte et des pigments d’ocre. C’est fascinant. Pour quelques jours, j’ai eu l’opportunité d’y aller, en Dacia Spring, une première escapade en électrique, depuis l’achat de la voiture low-cost électrique.
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| Atelier d'artiste à Roussillon dans le Luberon |
La voiture de mon road-trip est une Spring noire « confort plus » à 45 cv qui m’a été livré en novembre 2022. Ayant décidé de changer ma mobilité automobile, je me suis immédiatement séparé de mes deux voitures thermiques, une petite Opel et une Renault Espace, conscient qu’il sera un peu plus compliqué de faire des longs trajets avec une électrique. N’ayant pas pris l’option Combo CCS, ma Spring se charge seulement avec le câble « Mode 3 Type 2 » à environ 7 kWh.
A travers cet article, j’expliquerai cette expérience durant quatre jours dans le Lubéron, au total environ 600 km avec quelques arrêts pour recharger la petite citadine.
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| Road-trip avec une Dacia Spring confort plus sans Combo CCS |
Avant tout, il est nécessaire de planifier l’itinéraire, en préférence roulant à 80 km/h sur des routes nationales ou départementales. J’ai essentiellement utilisé l’application Chargeprice pour choisir les points de recharge avec l’objectif de ne pas descendre à moins de 20% de charge, sachant que c’est très large. J’ai quand-même roulé quelques kilomètres sur l’autoroute, notamment entre Antibes et Fréjus pour contourner le massif de l’Esterel, je n’ai pas dépassé les 110 km/h. C’est pour éviter le stress durant une première expérience, et pour bien profiter des couleurs du Lubéron, le vert des chênes, des cèdres et des pins, le rouge et jaune des ocres. Aussi pour être charmé par les villages authentiques avec leurs pierres sèches et leurs couleurs chaudes venant de l'argile naturelle de ses carrières d’ocre et bien profiter de la gastronomie locale à l'huile d'olive et de l’ail.
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L’aller se faisait au départ d’Antibes via l’autoroute jusqu’à Puget-sur-Argens, après sur la nationale jusqu’à Saint-Maximin-la Sainte Beaume avec sa imposante basilique. Sur le parking dans le centre nous avons chargé une première fois pendant environ 2 heures 30 minutes (15,4 kWh pour environ 7 € par carte Freshmile), le temps de visiter la petite ville et manger un plat dans un restaurant sur la place centrale.
La tombe d'Albert Camus à Lourmarin, avec son prix Nobel l'écrivain a acheté une maison dans le village.
Apt est une ville laboureuse que nous avons visité le lendemain, pendant que la Spring a chargé sur un parking du centre-ville (15 kWh pour environ 9 € par carte Chargemap), très agréable avec ses places et ses fontaines dans le centre. Apt est la capitale du fruit confit à base de cerises, clémentines, poires, figues, abricots et melons. Il est intéressant de découvrir la maison du parc naturel régional du Lubéron, la cathédrale Sainte Anne et le musée d'Apt qui est consacré à l'ocre, la faïence et les fruits confits.
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| Apt, la ville laboureuse avec ses places et fontaines |
L’après-midi nous avons visiter quelques villages autours, pour attaquer le lendemain la route des ocres avec ses paysages aux couleurs sublimes, des panoramas uniques et des villages perchés. Le site des ocres du Lubéron est le gisement d'ocre les plus important d’Europe, il s'étend sur environ 25 km, entre Goult et Gignac.
En fin d’après-midi nous avons essayé de recharger la voiture à Joucas entre Roussillon et Gordes, mais trois sur quatre bornes oint été en panne. Finalement nous avons chargé la voiture pendant une bonne heure ( 5 kWh pour 5 € par carte Chargemap).
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| Les bornes sur le parking à l'entrée du village Joucas |
Il faut rester un peu dans ces villages, à Roussillon par exemple, s’asseoir à une terrasse sur une des places ou on se sent vraiment au cœur de la Provence. Roussillon est l’un des plus beaux villages de France, et franchement, il mérite ce titre. Autours du village, on peut également découvrir le monde merveilleux de l’ocre, en visitant le sentier de l’ocre, une ancienne carrière d’ocre à ciel ouvert, et l’écomusée Okhra, le conservatoire des ocres et de la couleur, hébergé dans l'ancienne usine d'ocre Mathieu. Lors d’une visite guidée on apprend la technique d'extraction, de transformation de l'ocre et ses utilisations. On a même droit à faire quelques expériences soi-même. Et oui, on a de quoi faire dans le Luberon…
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| Roussillon est l’un des plus beaux villages de France |
Le retour a été prévu par les Gorges du Verdon, mais des fortes pluies nous ont fait changer l’itinéraire, c’est-à-dire on a préféré de descendre après Manosque et Gréoux-les-Bains - encore une fois - à la petite ville provençale Saint-Maximin-la Sainte-Beaume proche d’Aix-en-Provence. Il fallait charger la voiture partiellement en route pour s’assurer de rentrer sans problème. Ainsi nous avons chargé la Spring à Le Luc ( 7 kWh pour 4,50 € par carte Chargemap), pendant environ une heure, le temps de se balader un peu et de prendre un café.
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| Magnifique mas restauré sur une colline proche d'Isle-sur-la-Sorgue |
En rentrant la batterie à été toujours chargé à 40 %, avec une consommation de 10,5 kWh pour 100 km, pour un cout d’environ 5 € pour 100 km la Dacia Spring a été très économique. Normalement je charge à la maison pour environ 2 € pour 100 km.
Mes expériences avec la voiture sont très positives. Conduite calmement et – sauf sur l’autoroute et dans les montées - en mode Eco avec une puissance ramenée à 23 kW, la Spring a confirmé qu’elle peut parcourir beaucoup plus de 200 km avec une seule charge à 100 %. Si on planifie bien son voyage le chargeur rapide Combo CCS n’est pas nécessaire, même si c’est rassurant de savoir qu’on pourrait supporter le courant continu jusqu’à 30 kW, c’est-à-dire de passer de 20 à 80 % de charge en moins d’une heure, voir 45 minutes.
Le comportement routier me semble être très correct, et on finit par s’habituer rapidement. La voiture est très maniable et légère, le confort d’amortissement est plus qu’acceptable. La position de conduite et le confort des sièges sont corrects. La surprise est le coffre présentant un volume de 290 litres ce qui est très acceptable compte tenu du fait que la voiture ne mesure que 3,75 m. En apprenant que je me trouve dans le Lubéron, un ami m’a appelé pour lui acheter quelques cartons de vin dans une domaine proche de Roussillon, mais pas de problème pour les charger dans le coffre.
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| Le coffre de la Dacia Spring |
J’ai eu peur qu’avec seulement 45 ch/33 kW la puissance du moteur ne serait pas suffisante, mais la Spring s’en sort très bien, même en mode Eco, et je dirai même mieux que des voitures à moteur thermique de puissance comparable. La disponibilité immédiate du couple de 125 Nm n’y est évidemment pas étrangère.
Oui, il a été facile de voyager en voiture électrique, sous condition qu’on optimise ses recharges dès le départ et qu’on dispose de bonnes cartes ou applications pour rouler en toute sérénité, et dans un rythme de maximal 400 km par jour, c’est-à-dire avec environ trois heures de charge avec un câble de type 2 et cinq heures de conduite.
Par contre l’autonomie d’une voiture électrique en roulant à 130 km/h sur autoroute pose problème, la consommation étant beaucoup plus importante à vitesse élevée, et donc l’autonomie beaucoup moindre, je dirai aux alentours de 140 km avant de devoir s’arrêter pour recharger. Il ne sert à rien de rouler à plus de 100/110 km/h avec la Spring sur un trajet de plus de 200 km. Le gain de temps lié à une vitesse supérieure n'arrive pas à compenser le temps de recharge plus important lié au surplus de consommation.
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| Se donner le temps et le gout de découvrir notre patrimoine et nos paysages |
Comme conclusion je constate que voyager en Dacia Spring, c'est reprendre le temps et le gout de découvrir notre patrimoine et nos paysages, comme on l’a fait à l’époque de la Quatrelle ou la Deuche…











